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La vie en ligne de mireSubmitted by minh on 22 February 2012
Traduit par Aziliz Robino
Je travaille en France en tant que chercheur instrumentaliste à l’Institut Laue-Langevin (ILL) à Grenoble depuis 14 ans. Ma vie dans les Alpes françaises est très différente de celle que je menais en Australie dans mes plaines natales de Victoria, bien que la qualité du vin soit comparable. Je suis venu en Europe après avoir terminé mes études à Victoria. J’ai obtenu une licence en physique à l’Université de Melbourne et un doctorat en physique de la matière condensée à l’Université Monash. Au départ, j’ai travaillé au Royaume-Uni, à l’Université d’Oxford où je faisais des expériences sur la diffusion des neutrons et des rayons X. Ensuite, juste avant la fin de mon contrat, l’ILL m’a proposé un poste. Bien que maintenant j’aie passé plus de temps à travailler ici que pour mes deux diplômes et mon premier emploi réunis, j’ai l’impression que je viens juste d’arriver ! L’ILL est un centre de recherche à haut flux neutronique et sans doute la source de neutrons la plus puissante au monde. Plus de 40 instruments de science expérimentale sont rattachés au réacteur nucléaire qui produit les neutrons. La plupart des instruments sont utilisés pour la diffusion des neutrons. Quatre autres servent à la physique nucléaire, un à la radiographie et un à l’interférométrie. Tous ces instruments sont différents. Cependant ils ne sont pas cantonné au domaine scientifique pour lequel ils on été créés car ces disciplines se recoupent souvent. J’aime voir l’institut comme une caisse à outils géante dans laquelle les scientifiques peuvent choisir le bon instrument pour résoudre le problème qui se présente. Trois métiers en un
Tous les chercheurs instrumentalistes ont leurs propres programmes de recherche, c’est la troisième partie du métier. Au final l’ILL est jugée sur sa contribution au développement de la science. Ainsi, nous sommes encouragés à publier régulièrement nos travaux. Mes recherches portent sur la mesure des dynamiques et des structures magnétiques. Un neutron n’est pas chargé électriquement, mais il y a un moment où il devient magnétique et interagit avec, s’il y en a dans l’échantillon, l’induction magnétique.
Une carrière dans le neutron La division du temps entre les trois parties du métier de chercheur instrumentaliste peut énormément fluctuer. Vous devez vous démener pour avoir du temps à accorder à vos trois fonctions. Parfois cela vous donne l’impression d’avoir trois boulots ! En particulier lorsqu’il y a des problèmes sur les instruments ou que les visiteurs ont besoin d’aide, il peut être très difficile de trouver du temps pour vos propres recherches. Le réacteur fonctionne pendant quatre cycles de 50 jours chaque année, ces périodes peuvent être vraiment chargées. Entre les cycles, bien que toute modification importante de l’instrument doive être réalisée lorsque le réacteur est à l’arrêt, on a tout de même plus de temps à consacrer à l’analyse des données, à l’écriture d’articles de journaux et à assister aux conférences. Trouver du temps pour les vacances dans tout cela peut mener à des frictions, particulièrement quand il faut négocier avec sa famille. Néanmoins, être un chercheur instrumentaliste signifie avoir un super boulot, y prendre du plaisir et avoir beaucoup d’opportunités de carrière. Il y a quelques années, la diffusion de neutrons était considérée comme étant en déclin, beaucoup des sources de neutrons les plus anciennes fermaient. Cependant, on assiste à une nouvelle vague d’investissement avec la construction de plusieurs nouvelles sources de neutrons puissantes dans le monde entier, et aussi avec l’arrivée de nouveaux instruments aux sources déjà existantes comme l’ILL. Les chercheurs instrumentalistes sont très demandés, c’est donc un excellent moment pour commencer une carrière en rapport avec les neutrons.
Est-ce que j’aime toujours travailler à l’ILL après 14 ans ? Dans le roman de Nick Hornby La Bonté, Mode d’Emploi, le personnage principal compare la science et les arts, disant que l’un n’est « qu’empathie, imagination, exploration, choc de la nouveauté avec un résultat incertain ». C’est ce que je pense de mon travail. En fait, le personnage d’Hornby parle à ce moment-là de l’art et dit ensuite que la science « appuie sur un bouton, puis sur un autre et bingo ! Des choses se produisent. C’est comme faire marcher un ascenseur. » Croyez-moi, ça n’a rien à voir avec ce que l’on fait. Tout cela pour dire que Hornby devrait passer plus de temps dans un labo de physique. Remerciements Ceci est une version mise à jour d’un article publié dans Physics World (voir Wildes, 2007) reproduit avec l’aimable autorisation de l’éditeur Bibliographie Wildes A (2007) Life in the line of fire. Physics World Sept 2007: 52-5 Ressources Pour en savoir plus sur la recherche neutronique, rendez-vous sur le site : http://neutron.neutron-eu.net Pour en savoir plus sur l’ILL, rendez-vous sur le site www.ill.eu Opinion Andrew Wildes parle de sa vie en tant que chercheur instrumentaliste à l’Institut Laue-Langevin et donne un aperçu du mécanisme d’un grand centre scientifique international. L’article pourrait être un bon point de départ pour lancer un débat sur les carrières qui s’offrent aux scientifiques, en particulier aux physiciens. Il apporte également des informations sur le fonctionnement des centres de recherches internationaux à grande échelle. Alby Reid, Royaume-Uni
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