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Les nuages: paramètres mystérieux du climatSubmitted by brown on 14 March 2011
Traduit par Maurice A. Casimir
Les nuages sont essentiellement des masses visible de gouttelettes d’eau (ou même de cristaux) en suspension dans l’atmosphère de la Terre. Pour les étudier, les chercheurs les divisent en catégories. Les nuages légers et fins sont appelés cirrus. Les nuages en bouffées de fumée, ou leurs amas, sont des cumulus. Les jours nuageux, le ciel est habituellement couvert de nuages plats, voilés et non structurés, les stratus. Chaque nuage peut être classé dans un de ces types de nuages ou dans leur combinaison (voir diagramme ci-dessous).
Les nuages sont classés en différentes catégoriesIllustration adaptée de Russell et al. (2007); Image reproduite avec l'aimable autorisation de l'Institute of Physics Les nuages sont par ailleurs classés selon leur altitude en : nuages de basse altitude (jusqu’à 2000m), de moyenne altitude (de 2000 à 6000 m) et de haute altitude (au-delà de 6000 m). L’altitude des nuages détermine leur température, qui détermine à son tour la quantité d’énergie rayonnée. Les nuages de haute altitude sont froids et rayonnent peu de chaleur dans l’espace; au lieu de cela, ils reflètent le rayonnement thermique vers la surface de la Terre, en réchauffant l’atmosphère et aggravant l’effet de serre. Les nuages de basse altitude, plus compacts et plus chauds, émettent davantage de rayonnement vers l’espace qu’en retour vers la Terre. Ils agissent comme un parasol, reflétant la lumière solaire et refroidissant donc la surface de la Terre.
Au fait, pourquoi les nuages apparaissent-ils et disparaissent-ils, et qu’est-ce qui détermine leur formation et les précipitations? L’ensemencement des nuages
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Image reproduite avec l'aimable autorisation de Stephan Borrmann Les aérosols jouent un rôle important non seulement dans la formation des nuages, mais également dans les précipitations: ils déterminent le moment et le lieu des pluies. Dans une atmosphère pure avec très peu de particules, la chaleur due à la lumière solaire évapore une grande partie de l’eau. En montant, la vapeur trouve très peu de germes de condensation dans l’air, si bien que les gouttes se formant autour de ces quelques germes sont très gros, et il pleut à verses.
Dans une atmosphère pure, de grosses gouttes de pluie se forment rapidement et la pluie tombe presque aussitôt. Seule une petite portion des gouttelettes présentes dans les nuages montent plus haut, là où elles gèlent et s’éparpillentImage reproduite avec l'aimable autorisation de Roland Wengenmayr En atmosphère polluée, le grand nombre de particules d’aérosol empêche une bonne partie des radiations solaires d’atteindre le sol, d’où une moindre évaporation de l’eau. Alors que la vapeur monte, elle rencontre de nombreux germes en créant davantage de gouttelettes, mais de plus petite taille. Ceci ralentit la formation de gouttes de pluie (les gouttelettes ne tombent qu’une fois qu’elles atteignent une dimension de 0.5 à 1 mm), si bien qu’il ne pleut pas à leur lieu d’origine. Davantage d’eau se condense sur les germes alors que le nuage continue à monter et les basses températures gèlent les gouttes. Ainsi le nuage ne se transforme pas en pluie, mais continue à monter encore.
En atmosphère polluée, la vapeur rencontre de nombreuses particules d’aérosols, si bien qu’il ne se forme que des très petites gouttelettes présentes dans les nuages qui montent vers les altitudes élevées et gèlent quand elles y sont arrivées. De la vapeur additionnelle se condense alors sur les cristaux de glace. C’est ainsi que se forment les nuages d’orage générateurs d’une foudre saturée d’énergieImage reproduite avec l'aimable autorisation de Roland Wengenmayr Des concentrations d’aérosol élevées peuvent inhiber totalement les précipitations et même la formation des nuages. On pense que la concentration d’aérosol en Chine du Nord, par exemple, y est la cause d’une évolution majeure dans la fréquence des précipitations. A l’échelle mondiale, naturellement, toute l’eau qui s’évapore doit finir par retomber en précipitations. Aussi, les nuages qui se vident rarement de leur contenu le feront sous forme de très fortes chutes de pluie, cause d’inondations, de glissements de terrain et de coulées de boue. Une mystérieuse turbulence Bien que les aérosols expliquent la formation des nuages et, dans une certain mesure, l’occurrence des précipitations, ils ne disent rien sur un autre facteur crucial du climat: pourquoi la forme des nuages change-t-elle, et pourquoi apparaissent et disparaissent-ils?
Comprendre l’effet de la turbulence, non seulement sur la vitesse des gouttelettes, mais également sur leur accélération est important. L’accélération fluctue considérablement, et peut représenter jusqu’à 20 fois celle due à la gravité. La fréquence des collisions, qui augmente les chances de précipitation, est déterminée par la présence de groupes de gouttelettes accélérées d’une manière particulièrement forte. Ces fortes fluctuations de l’accélération pourraient expliquer pourquoi l’on constate que les gouttelettes entrent en collision plus à une vitesse plus rapide que ne le permettent les théories physiques conventionnelles. Cerner de près les nuages While some scientists try to recreate the conditions of turbulence in clouds using huge wind canals, others study it using computer simulations and fieldwork.
Stevens et ses collègues incorporent aujourd’hui les informations nouvellement acquises sur le comportement des nuages dans les modèles informatiques du climat mondial. Dans ces modèles, l’atmosphère est divisée en mailles ; pour chaque maille, l’ordinateur calcule les valeurs moyennes de la température, de l’humidité et d’autres données caractéristiques de l’atmosphère, et il prédit la formation des nuages. Bien que les modèles en soient pas assez précis pour prédire la localisation exacte de l’endroit où se formeront les nuages, ils peuvent aujourd’hui calculer le pourcentage de couvert nuageux et déterminer le type de nuages dans chaque maille, ce qui permet de quantifier l’influence de la chaleur et du rayonnement solaire sur la formation des nuages. Par ailleurs, les scientifiques sont encore en train de chercher la relation existant entre le couvert nuageux, les précipitations, les aérosols et les propriétés de l’air entourant les nuages – données fondamentales pour comprendre le lien entre les nuages et les modifications climatiques. Jusqu’à présent, ils n’en sont même pas à déchiffrer tous les divers mécanismes impliqués dans le comportement des nuages et donc leur effet sur le climat. Mais les scientifiques n’abandonnent pas, car, comme l’a dit le philosophe et naturaliste français du XVIIème siècle René Descartes : « Les nuages fournissent la clé de la compréhension de tout ce qu’il y a de magnifique sur Terre Remerciements Le présent article a été préparé à partir de trois articles publiés dans Max Planck Research: Meier (2010), Hergersberg (2010) et Wengenmayr (2010). Max Planck Research est publié par la Max Planck Society et décrit – en un langage simple – le travail de ses instituts de recherche. La publication trimestrielle peut être téléchargée gratuitementw2. Bibliographie Meier C (2010) Water with a Nebulous Effect. Max Planck Research 2.2010: 17-23 Hergersberg P (2010) Droplets on a Roller Coaster. Max Planck Research 2.2010: 32-37 Russell A, Ricketts H, Knight S (2007) Clouds. Physics Education 42(5): 457-465. doi: 10.1088/0031-9120/42/5/002 Wengenmayr R (2010) The Seeds of Climate. Max Planck Research 2.2010: 24-31 Références internet w1 – Pour en savoir plus sur l’Institut Max Planck de Météorologie, voir: www.mpimet.mpg.de w2 – Pour télécharger chaque numéro de Max Planck Research (disponible en anglais et en allemand), visiter le site Internet de la Max Planck Society (www.mpg.de) ou utiliser le lien direct: http://tinyurl.com/35aunrs Ressources Pour en savoir davantage sur les modifications climatiques et ses causes, voir:
Pour ce qui concerne les nuages,voir:
Pour des activités en milieu scolaire sur les modifications climatiques, voir:
Il y a dans le présent numéro deux autres articles en relation avec celui-ci:
Pour naviguer sur tous les articles dédiés aux sciences dans Science in School, voir: www.scienceinschool.org/sciencetopics Karin Ranero Celius a obtenu des licences de physique et de psychologie, puis une maîtrise en études muséographiques. Sa passion d’aider les autres à comprendre les merveilles de la science l’a conduite à faire de la divulgation scientifique. Elle s’est principalement dédiée à l’appui aux personnes en difficulté et à l’éducation, tout d’abord à l’Institut d’Astrophysique des Canaries (Instituto de Astrofisica de Canarias), en Espagne, puis à l’Observatoire Européen du Sud, à Munich, en Allemagne, et aujourd’hui au Laboratoire Européen de Biologie Moléculaire (European Molecular Biology Laboratory) de Heidelberg, Allemagne. Opinion Alors que de nombreux pays du monde coopèrent pour accroître l’utilisation de ressources renouvelables et limiter autant que possible les modifications climatiques et leurs effets, cet article offre une nouvelle perspective. L’auteur fournit des informations détaillées et intéressantes sur la relation entre les nuages et les modifications climatiques, en donnant des exemples concernant différentes parties de la terre. L’article peut être utilisé pour plusieurs thèmes scientifiques, tels que:
L’article peut également servir d’introduction à des activités complémentaires. Les élèves les plus jeunes pourraient s’impliquer dans des observations de nuages, des mesures de température, de taux d’humidité et de pluviométrie après quoi ils pourraient présenter leurs résultats en classe. Ils pourraient également discuter de l’influence des nuages sur les modifications climatiques et de l’effet d’une atmosphère polluée sur les précipitations. L’auteur mentionne certains exemples spécifiques de la manière dont les nuages affectent la température et le climat dans la Chine du Nord et le Pacifique du Sud-Est, ainsi que certaines recherches actuelles dans ce domaine. Des élèves plus âgés pourraient être motivés pour procéder à des recherches plus poussées sur la relation entre la formation des nuages et les types de nuages et les modifications climatiques. La grande quantité de détails rend aussi le présent article adapté à des exercices de compréhension en classe. On pourrait suggérer les questions suivantes:
Catherine Cutajar, Malte
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