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Home » Issue 15 » La lutte contre les séismes: comment construire et tester des structures antisismiques La lutte contre les séismes: comment construire et tester des structures antisismiquesSubmitted by celius on 27 October 2010
Traduit par Daniel Tirelli Le 3 Février 2010 à Haïti, 200 000 personnes environ sont mortes et 280 000 maisons furent détruites ou sévèrement endommagées par un tremblement de terre. Plus prés de chez nous, en Italie dans la région des Abruzzes, un séisme aux premières heures du 6 Avril 2009 tua prés de 300 personnes et plus de 60 000 furent évacuées. Les séismes étant provoqués par le mouvement des plaques tectoniques terrestre, ceux-ci ne peuvent être ni éviter, ni même annoncé avec précision; on peut cependant en faire l’analyse statistique de leur intensité et de leur période de retour. (pour plus d’information, voir Latchman, 2009). On voit alors que pour une région donnée, l’intensité attendue d’un séisme est plus ou moins, inversement proportionnelle à leur fréquence de retour; il y a beaucoup plus de petits séismes que de grands. Bien que nous ne pouvons y échapper on peut cependant s’en protéger, par exemple en construisant et projetant des structures dites «antisismiques». Un tremblement de terre est un mouvement du sol caractérisé par des oscillations dans les trois directions; les effets de ces oscillations sur les bâtiments peuvent être considérables. Le mouvement oscillatoire des bâtiments induit par le séisme étant très rapide et les masse des bâtiments en général étant très importante, il apparait dans le bilan des forces des forces d’inerties très importantes et décrite par la 2ieme loi de Newton: force = Masse (du bâtiment) multiplié par l’accélération. Les maisons et les structures communes sont conçues pour supporter leur propre poids, elles résistent donc assez bien à la composante verticale des séismes. Ce n’est pas le cas pour la composante horizontale, qui n’étant souvent pas pris en compte ou sous estimée, provoque alors des dommages importants pouvant conduire à la destruction totale. Pour des raisons pratiques et économiques, les constructions antisismiques sont calculées pour résister aux séismes les plus forts, même si dans certains cas peut apparaitre un faible endommagement, comme de petites fissures, qui est acceptable car il ne compromet pas la stabilité de l’édifice. D’autres bâtiments, ayant une fonction de sécurité ou étant de grande importance, tel que les centrales nucléaires ou les hôpitaux, doivent par contre respecter un facteur d’endommagement quasiment nul même après un séisme majeur.
Il existe actuellement deux techniques expérimentales complémentaires pour simuler les effets d’un séisme sur une structure: la première est réalisée au moyen d’une table vibrante et la deuxième par un mur de réaction fixé à une plateforme, l’ensemble parfaitement rigide (voir l’image ci-dessus). La table vibrante représente le sol qui sous l’effet du séisme vibre dans une, deux ou trois directions suivant le type de table. Le bâtiment, modélisé le plus souvent à échelle réduite, est fixé sur la table. On peut alors enregistrer les effets. A quel moment la structure s’écroule? Y a-t-il des fissures dans les murs? Comment survient l’endommagement? Pendant combien de temps la structure reste debout? Le test ne pouvant être arrêté avant la fin, toutes ces questions restent sans réponses dans ce type de simulation. Seul l’état final de la structure sera accessible. Le système mur (et sol) de réaction, par contre, permet le plus souvent de tester de vrais structures. La structure solidement ancrée au sol est alors soumise en des points judicieusement choisis, à des forces horizontales, qui simulent le séisme par l’intermédiaire de vérins hydrauliques à haute pression. Le séisme est reproduit à vitesse réduite (plusieurs heures pour quelques dizaines de secondes en réalité). Ceci permet donc de suivre très précisément l’endommagement en fonction du temps, de faire des pauses pour l’examiner ou s’assurer de son état etc.… Des capteurs de force, de déformation, de contrainte, et de rotation enregistrent les effets du séisme sur le bâtiment.
Cette méthode appelle aussi, isolation à la base, peut par exemple, être réalisée en utilisant des systèmes à glissières entre la base du bâtiment et sa fondation. Une autre approche est de concentrer les dégâts sur des portions de structures prévues a cet effet: cette récupération d’une partie de l’énergie du séisme etant le plus souvent suffisante pour ecarter le risque de danger du bâtiment. Si par exemple des pièces de renforts métalliques sont insérées au niveau des joints entre poutres et colonnes, une partie de l’énergie du séisme est utilisée à la déformation de celles-ci et n’ai donc pas transférée au reste de la structure.
Activités pédagogiques à ELSA ELSA est équipée de deux petites tables vibrantes facilement transportables, et dédiées aux enfants. Les activitées pédagogiques peuvent être conduites en laboratoire lors de visites scolaires ou étudiantes, ou directement dans les écoles ou universités (voir Anthoine et al., 2010).
Les modèles réduits de maisons sont alors fixés sur la table vibrante et sont soumis à de vrais séismes pré-enregistrés. On demande aux étudiants de décrire ce qu’ils observent et pourquoi les maisons se comportent différemment lorsqu’elles sont soumises au même séisme. On peut alors introduire le concept de risque sismique: une combinaison de vulnérabilité sismique (réponse de la structure à un séisme donné) et la probabilité d’événements sismique donné (quelle intensité de séisme est attendue en un lieu, et avec quelle période de retour): la réponse est immédiate, la seule façon de réduire le risque est d’abaisser sa vulnérabilité; l’homme n’a pas de pouvoir sur le hasard! L’une des méthodes les plus efficaces pour réduire la vulnérabilité,-l’isolation à la base-, est, elle aussi illustrée sur la table vibrante, par l’insertion sous la plaque de support du modèle en lego, trois petits cylindres de faible rayon. Les tubes séparent donc le bâtiment du sol, et permettent de ne pas transmettre les vibrations crées par le séisme. L’efficacité d’un tel système est clairement mise en évidence. Quand on soumet au même séisme deux modèles, l’un sur les petits cylindres et l’autre directement sur la table, Le modèle isolé reste intact pendant que l’autre s’écroule. Bibliographie Anthoine D, Marazzi F, Tirelli D (2010) Introducing students to structural dynamics and earthquake engineering. Physics Education 45, 76-82. doi: 10.1088/0031-9120/45/1/009 Latchman S (2009) Modelling catastrophes. Plus Magazine 53. http://plus.maths.org/issue53/features/latchman Références internet w1 – Pour plus d’informations sur ELSA, visiter le site: http://elsa.jrc.ec.europa.eu w2 – Pour plus d’informations sur les Eurocodes voir le site: http://eurocodes.jrc.ec.europa.eu Ressources Kirschbaum T, Janzen U (2006) Tracing earthquakes: seismology in the classroom. Science in School 1: 41-43. www.scienceinschool.org/2006/issue1/earthquakes United Nations International Strategy for Disaster Reduction a développé des jeux vidéo de simulation de catastrophes en direct (Stop Disasters!). Voir: www.stopdisastersgame.org Le site web de la BBC a des animations intéressantes sur les séismes. Voir: http://news.bbc.co.uk/2/hi/4126809.stm Le site web de la United States Geological Survey’s Earthquake Hazards Program contient des informations très intéressantes sur les séismes, ainsi que des animations. Voir: http://earthquake.usgs.gov/earthquakes Pour une séquence filmée (Démonstration de l’effet du tremblement de terre du Frioul sur des maquettes de bâtiments) enregistré à ELSA, voir: http://elsa.jrc.ec.europa.eu/publications/Friuli1976_2.wmv Disponible sur Google books, une description technique et très claire, des principaux aspects d’ingénierie sismique:
Pour des photographies de structures endommagées par des séismes, avec de brèves explications sur la chronologie de l’endommagement, voir le site Web: the Earthquake Engineering Slide Information System: http://www.ikpir.com/easy/html/ang/INDEX.HTM Pour une liste des principaux séismes en Italie (comme exemple), voir: http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_earthquakes_in_Italy Pour plus d’informations sur les tremblements de terre, voir aussi la page principale de Wikipedia à ce sujet: http://en.wikipedia.org/wiki/Earthquake Si la lecture de cet article vous a particulièrement intéressé, vous pouvez décharger la collection complète des articles concernant les sciences de la terre et publié sur le site de: www.scienceinschool.org/earthscience Dr Francesco Marazzi est professeur auxiliaire de lycée, et conjointement post-doctorant dans le domaine de la dynamique des systèmes au sein de l’unité de mécanique des structures au laboratoire ELSA. Le retour en milieu scolaire, après une expérience de haut niveau dans un laboratoire d’avant garde dans le domaine des séismes, lui permettra de montrer aux élèves l’importance de la physique, des mathématiques et des sciences de l’information pour mieux comprendre les catastrophes naturelles. A ELSA les mathématiques sont utilisées pour développer les modèles numériques, et l’analyse des données et la physique pour l’expérimentation et le développement de nouvelles techniques de protection sismique. Quand à l’informatique elle est omniprésente dans toutes les tâches. En résumé l’expérience d’ELSA lui servira à renforcer la motivation des élèves. Daniel Tirelli est chercheur pour la Commission Européenne au Laboratoire Européen sur la Sureté des Structures (ELSA), au centre commun de recherche d’Ispra en Italie. L’une des activités principale d’ELSA est le développement des Eurocodesw2, standard européen pour la conception des bâtiments et autres ouvrages d’art, qui seront appliqués en 2010. L’un d’entre eux (Eurocode 8) est dédi aux calculs des structures, et inclus les nouvelles techniques antisismiques, et donne des règles sur la conception, l’expérimentation ou la modification structurelle. Opinion L’article est particulièrement intéressant car il explique clairement comment peut-on projeter et tester des bâtiments parasismiques. Il peut être utilisé comme introduction au cours sur les ondes en général, ou les ondes sismiques, pour des leçons de physique ou géographie. Il est idéal pour l’introduction au thème des tremblements de terre car il explique leur nature, et montre, grâce aux lois de Newton, pourquoi l’endommagement résultant est si important. Il peut être utilisé pour amorcer une discussion à propos des conséquences causées par les séismes, leurs impacts sur la société, et ce qui peut être fait pour limiter les dégâts. De plus cet article donne les références de lecture et recommande les sites internet qui permettent aux étudiants et scolaires de comprendre comment l’étude des sciences physiques œuvre pour le bien être de la société. Il fait prendre conscience aux étudiants et professeurs de l’utilité des organisations scientifique comme ELSA qui travaille pour la sécurité des citoyens. Bien souvent l’approche de la science est purement académique, ou règne les formules et les théories. Cet article, donne au contraire des exemples concrets sur l’application de la science scolaire à des situations réelles, comme les séismes, qui malheureusement apportent destructions et ravages dans certains pays. L’article peut être utilisé comme exercice de compréhension pour des sujets où les séismes font partis du programme d’enseignement ou (si ceux–ci ne sont pas inclus dans le programme) à une discussion sur les ondes. Les questions possibles peuvent être:
L’article peut être utilisé de différentes façon et pour des groupes d’âges différents: 10-12 ans: Pour décrire sommairement ce qu’est un tremblement de terre et permet de donner une information relativement ajournée des derniers événements et de ce qui se fait en Europe dans ce domaine. 12-15 ans Pour introduire le sujet sur les séismes en donnant des informations sur leur nature et comment ils se produisent. L’article peut aussi être utilisé pour montrer qu’une branche de la science est dédié à ces phénomènes et à minimiser leurs effets. 16+: Pour introduire le sujet, qui peut alors conduire à une étude plus détaillée des ondes sismiques. L’article peut aussi montrer comment la science est au service du citoyen. De plus les étudiants peuvent discuter comment chaque pays luttent contre les séismes, et comment la science scolaire peut être appliquée à la réalité. Catherine Cutajar, Malte
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