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Homo sapiens – une espèce en danger?Submitted by celius on 18 August 2010
Traduit par Maurice A. Casimir
Modifications climatiques, pénurie de pétrole, crise économique, croissance démographique, catastrophes naturelles, perte de la biodiversité: nous avons à faire face à un avenir incertain, et jusqu’à présent, nous n’avons pas semblé faire grand-chose pour relever ces défis. Les leaders mondiaux n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la manière de limiter les modifications climatiques lors de la Conférence de l’ONU sur les Modifications Climatiques en Décembre 2009 à Copenhague, Danemark. La biodiversité vient ensuite sur la liste, avec la 10ème rencontre de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) programmée pour Octobre 2010 à Nagoya, Japon. Mais franchement, cela ne semble pas non plus bien se présenter. Qu’est-ce-que la CDB?
L’idée sous-jacente à la CDB
La CDB recouvre également le domaine en expansion rapide des biotechnologies, via le Protocole spécifique de Carthagène sur la Prévention des Risques Technologiques, un accord complémentaire adopté en Janvier 2000, qui cherche à protéger la biodiversité des risques potentiels entraînés par des organismes génétiquement modifiés. Bien que la plupart des pays d’Europe y aient adhéré, au total 39 des pays membres de la CDB, y compris l’Australie, le Canada, l’Islande, Israël, le Lichtenstein, la Fédération de Russie et les Etats Unis d’Amérique n’ont pas ratifié le Protocole de Carthagène. Comment fonctionne la CDB?
“Œuvrer pour la pérennité de l’action n’est plus seulement une contrainte morale; c’est aussi devenu un problème à poser dans notre propre intérêt. Il ne s’agit pas seulement de savoir dans quel état nous laisserons notre planète pour les générations futures, mais de nous assurer également qu’il y a suffisamment de ressources pour notre propre génération.” L’autorité suprême de la CDB est la Conférence des Parties (CDP), constituée de l’ensemble des gouvernements ayant ratifié le Traité. La CDP passe en revue l’avancement des travaux, identifie des priorités nouvelles, et dresse des programmes de travail pour les membres. C’est la CDP qui se réunira au Japon en Octobre 2010. Progrès realisés et problèmes rencontrés
Un autre défi de base pour la CDB reside dans le large éventail de ses objectifs: amener tous les secteurs de l’économie, de la société et du gouvernement d’une nation à travailler ensemble est une tâche complexe. Cela requiert une coopération entre nombre d’acteurs différents, tels que des collectivités et des organisations régionales. Et il faut se souvenir que les pays qui n’atteignent pas les objectifs fixés n’encourent finalement aucune sanction.
La CDP a cependant admis que tout ceci était plutôt théorique: «Des efforts supplémentaires sans précédent seraient nécessaires pour réaliser en 2010 une réduction significative de la perte du taux de biodiversité à tous les niveaux… Il est prévu que la plupart des agents directs de la perte de biodiversité vont soit rester au même niveau, soit être plus nombreux dans l’avenir proche. En outre, l’inertie propre aux systèmes naturels et institutionnels humains se traduit par des délais – se comptant en années, décennies et même siècles – entre la prise de décision et son impact tangible sur la biodiversité et les écosystèmes.” Alors quelle est la situation dans la période précédant la réunion de 2010? Le défi a-t-il finalement été relevé? La réponse est non, sans surprise. Le monde est encore en train de perdre de la biodiversité à une vitesse toujours croissante et sans précédent. On doit pourtant relever au moins quelques succès partiels ou régionaux: ils incluent un ralentissement dans la vitesse de déforestation de l’Amazonie brésilienne de 74% (bien qu’une superficie égale à celle de l’Irlande du Nord soit perdue chaque année; au niveau mondial, la perte du couvert forestier représente chaque année la superficie du Costa Rica) et une réduction de 45% dans la vitesse de disparition des mangroves (mais environ 6% de la superficie totale des mangroves est perdue chaque année). Le nombre de Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (ZICO)w1 a approximativement doublé depuis 2002; elles couvrent aujourd’hui entre 5 et 8% de la superficie de chaque continent, l’Antarctique excepté, bien que toutes les ZICO ne soient pas protégées. Plus de 12% de la surface des terres émergées sont aujourd’hui protégées d’une façon ou d’une autre. La mission du sommet de Nagoya sera de préparer, adopter et mettre en œuvre un nouveau plan stratégique pour la période 2011-2020, y compris une ‘vue panoramique de la biodiversité en 2050’. L’idée est d’améliorer le plan précédent: des objectifs plus réalistes, basés sur des résultats scientifiques et s’appuyant sur un meilleur support logistique.
Pourquoi la biodiversité est-elle importante? La biodiversité d’aujourd’hui, façonnée par des processus naturels, et de plus en plus par l’influence de l’espèce humaine, est le résultat de milliards d’années d’évolution. On estimait au 18 Avril 2010 la population de la Terre à environ 6.8 milliards d’habitants, et il est prévu que ce nombre atteindra les 9 milliards en 2050, selon les experts de l’ONU. La pression sur les ressources naturelles mondiales croît encore plus vite: là où la population a plus que doublé depuis 1950, l’économie mondiale a quintuplé en valeur, avec la majeure partie de la croissance économique réalisée dans quelques pays industrialisés. Pour nombre d’entre nous, la nature semble bien loin de notre vie quotidienne – la nourriture est associée à des boutiques, plutôt qu’à une ressource naturelle. Les ressources biologiques sont toutefois la base de notre existence: elles concernent des secteurs aussi divers que l’agriculture, les cosmétiques, les produits pharmaceutiques, la pâte à papier et le papier, l’horticulture, la construction et le traitement des déchets. La capacité des écosystèmes à faire face aux catastrophes naturelles, ainsi qu’aux pressions exercées par les humains sous forme de pollution et de modifications climatiques, est amoindrie. Une perte de biodiversité signifie également une réduction de la productivité des écosystèmes. La nourriture constitue l’un des exemples, et sa fourniture est confrontée à de sérieuses perturbations: pendant des milliers d’années, nous avons développé un vaste ensemble de plantes et d’animaux domestiques. Cependant, l’agriculture à caractère commercial moderne se focalise sur quelques variétés de plantes cultivées, et environ 30% des races des principales espèces animales d’élevage sont actuellement en grave danger d’extinction. Par exemple, il est stupéfiant que 90% du bétail élevé dans les pays industrialisés provienne de seulement six races très soigneusement définies. Le maintien de la diversité génétique chez les animaux est essentiel pour permettre aux générations futures de sélectionner des cheptels ou de sélectionner de nouvelles races adaptées à des problèmes à venir, comme les modifications climatiques, les maladies et la mutation de facteurs socio-économiques. Bien que l’extinction d’espèces soit toujours intervenue naturellement, les activités humaines ont dramatiquement accéléré le processus: nous sommes en train de créer la plus grave crise depuis le désastre naturel qui gomma de la Terre les dinosaures il y a 65 millions d’années. Les extinctions sont irréversibles et, du fait de notre dépendance envers les récoltes de produits agricoles, les médicaments et autres ressources biologiques, elles créent une menace pour notre propre survie. Références internet w1 – Pour en savoir plus sur les Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux, voir: www.birdlife.org/action/science/sites Ressources La CDB gère un site Internet sur la biodiversité pour les jeunes, incluant des jeux, un glossaire et le coin de l’éducateur: www.cbd.int The CBD runs a biodiversity website for children, including games, a glossary and an educator’s corner: http://kids.cbd.int La Commission Européenne a lancé une campagne sur la biodiversité, ‘Nous y sommes tous ensemble’, pour montrer les véritables implications de la perte de biodiversité sur notre vie quotidienne, et pour promouvoir des actions que l’on peut entreprendre pour protéger la nature. Elle est disponible en de nombreuses langues européennes. Voir: http://ec.europa.eu/environment/biodiversity/campaign Pour un passage en revue des découvertes les plus notables dans le domaine de la biodiversité réalisées en 2009, voir:
Si vous avez pris plaisir à lire le présent article, vous pouvez jeter un regard à la collection complète d’articles sur la biologie publiés dans Science in School. Voir: www.scienceinschool.org/biology La Dr Marlène Rau est née en Allemeagne et a grandi en Espagne. Après avoir obtenu un doctorat en biologie du développement au Laboratoire de Biologie Moléculaire de Heidelberg, Allemagne, elle a étudié le journalisme pour entrer dans le domaine de la communication scientifique. Elle est depuis 2008 rédactrice de Science in School.. Opinion Nous sommes en train de détruire la biodiversité à un rythme alarmant, et cependant nombre d’entre nous n’ont toujours pas conscience des menaces que fait peser sur nous cette perte. Que font les autorités et que faisons-nous? Y a-t-il des actions qui devraient être lancées? Est-il réellement vrai que nous sommes en train de détruire notre planète? Cet article thématique peut être utilisé en classes de biologie et de chimie, en particulier dans l’enseignement de sujets sur les sciences de l’écologie et de l’environnement. De possibles questions de portée générale et des thèmes de discussion incluent:
Andrew Galea, Malte
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