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Regarder vers le ciel: expériences sur le changement climatiqueSubmitted by rau on 26 April 2010
Traduit par Camille Ducoin
1) Les cellules de Grätzel: l'énergie venue du Soleil Le Soleil, bien sûr, est source de la plupart de l'énergie utilisée sur Terre, outre l'énergie géothermique et nucléaire – y compris celle qui provient des combustibles fossiles ou “verts”. La lumière solaire est aussi utilisable directement comme source d'énergie: on peut démontrer cela en classe en utilisant des cellules de Grätzel, également appelées “cellules solaires nanocristallines à pigments” ou “cellules solaires organiques”. Baptisées d'après leur inventeur, l'ingénieur suisse Michael Grätzel, ces cellules convertissent directement la lumière solaire en électricité par photosynthèse artificielle. Pour cela, elles utilisent des pigments naturels présents, par exemple, dans les cerises, mûres, framboises et cassis. Ces pigments rouges-violets, appelés anthocyanesw1, peuvent facilement être extraits des fruits et feuilles par les élèves: il suffit de les faire bouillir dans un petit volume d'eau, puis de filtrer. Ces cellules sont très prometteuses, car elles sont faites de matériel peu coûteux et peuvent être produites sans appareillage sophistiqué. Bien que leur efficacité de conversion soit plus faible que celle des meilleures cellules à couche mince, leur rapport performance/prix est suffisamment élevé pour les rendre compétitives face aux combustibles fossiles pour la production d'électricité. Les applications commerciales, qui ont été retardées par des problèmes de stabilité chimique, sont maintenant annoncées sur la feuille de route photovoltaïque de l'Union Européennew2 comme une contribution significative à la production d'électricité renouvelable d'ici à 2020. Les cellules de Grätzel séparent les deux fonctions remplies par le silicium dans une cellule traditionnelle: normalement, le silicium agit comme source de photoélectrons, tout en fournissant le champ électrique qui sépare les charges et crée le courant. Dans une cellule de Grätzel, le semi-conducteur est utilisé seulement pour le transport des charges, tandis que les photoélectrons sont fournis séparément par un pigment photosensible (l'anthocyane). La séparation de charge a lieu à la frontière entre le pigment, le semi-conducteur et l'électrolyte. Les molécules de pigment sont assez petites (de l'ordre du nanomètre); ainsi, pour capter une quantité raisonnable de lumière incidente, il faut une couche assez épaisse de ces molécules – beaucoup plus épaisse que leur taille. Pour traiter ce problème, on utilise un nano-matériel comme armature pour maintenir un grand nombre de molécules de pigment dans une matrice 3D, augmentant ainsi le nombre de molécules présentes par unité de surface de la cellule. Dans les modèles existants, cette armature est fournie par le matériel semi-conducteur (oxyde de titane), qui remplit ainsi une double fonction. Les cellules de Grätzel peuvent être fabriquées de toute pièce, mais il est difficile de se procurer le verre pré-traité de façon à avoir une face conductrice. De plus, il faut les passer au four pendant environ 24 heures pour faire pénétrer la pâte d'oxyde de titane dans la surface de verre. Ainsi, il est plus facile d'utiliser un kit commercial comme ceux proposés par la compagnie allemande Mansolarw3, qui permettent d'assembler six cellules de Grätzel pour environ 80 Euros. Si toutefois vous avez déjà de l'expérience avec l'équipement requis et que vous préférez construire vos propres cellules de Grätzel, voici une description de la procédure:
Vous pouvez vous amuser à utiliser des cellules de Grätzel pour faire fonctionner différents appareils. Par exemple, vous pouvez remplacer les piles d'une machine à calculer par un circuit de plusieurs petites cellules de Grätzel; ou encore, alimenter avec ces cellules un circuit de carte d'anniversaire musicale, ou un petit moteur.
Les détails sur les mécanismes chimiques à l'oeuvre dans ces cellules se trouvent dans un article en lignew4. 2) Détecter les taux de gaz carbonique dans l'atmosphère
À l'une des extrémités du détecteur est située une source de lumière infra-rouge couplée à un filtre de longueur d'onde, de façon à fournir une bande étroite autour du nombre d'ondes 2350 cm-1 À l'autre extrémité du tube se trouve un détecteur de rayons infra-rouges: un compteur de photons qui mesure l'intensité de la lumière infra-rouge. Plus il y a de molécules de CO2 dans l'échantillon, plus le rayonnement est absorbé, et moins il y a de rayons infra-rouges atteignant le détecteur. Pour de petites absorptions, la loi de Beer-Lambert nous donne:
L'intensité I0 n'est pas déterminée à chaque mesure, mais doit être vérifiée assez fréquemment pour s'assurer qu'il n'y a pas de trop grandes fluctuations dans l'intensité de production de la lumière infra-rouge. Les élèves qui ont utilisé de tels détecteurs, prêtés par l'Université de Bristol, ont été surpris de mesurer un taux de CO2 plus élevé dans une salle de classe vide qu'à l'extérieur, et bien supérieur aux 0.037% (0.037/100 x 1 x 106 = 370 ppm) rapportés dans les livres pour la concentration atmosphérique. Il se trouve que les nouveaux bâtiments scolaires du Royaume Uni ont des fenêtres qui n'ont pas été conçues pour s'ouvrir, ainsi le CO2 expiré s'accumule!
Bristol ChemLabS serait intéressé de recevoir des demandes d'autres écoles en Europe qui souhaiteraient emprunter l'un de ces détecteurs faciles à utiliser, pour effectuer des mesures de taux de dioxyde de carbone dans des échantillons d'air. Bien que ces appareils puissent se trouver dans le commerce, ils sont assez chers, et ne se trouvent pas couramment dans les établissements scolaires. Références Harrison T, Shallcross D, Henshaw S (2006) Detecting CO2 – the hunt for greenhouse-gas emissions. Chemistry Review 15: 27-30 Shallcross D, Harrison T (2008a) Modélisation du changement climatique en classe. Science in School 9: 28-33. www.scienceinschool.org/2008/issue9/climate/french Shallcross D, Harrison T (2008b) Practical demonstrations to augment climate change lessons. Science in School 10: 46-50. www.scienceinschool.org/2008/issue10/climate Shallcross D, Harrison T, Henshaw S, Sellou L (2009) Fuelling interest: climate change experiments. Science in School 11: 38-43. www.scienceinschool.org/2009/issue11/climate Références Web w1 – Pour plus d'informations sur les anthocyanines et leurs fonctions naturelles, voir sur Wikipédia: http://en.wikipedia.org/wiki/Anthocyanin w2 – La feuille de route photovoltaïque 2002 de l'Union Européenne peut être téléchargée sur le site PV-NET (http://paris.fe.uni-lj.si/pvnet) ou à l'adresse: http://tinyurl.com/n8cwfv w3 – L'un des fournisseurs de kits de cellules de Grätzel est la compagnie allemande Mansolar: www.mansolar.com w4 – Pour en savoir plus sur les mécanismes chimiques à l'oeuvre dans les cellules de Grätzel, voir le site de la Royal Society of Chemestry (www.rsc.org) ou l'adresse: http://tinyurl.com/mr3bec Ressources Pour une liste complète des articles de Science in School sur le changement climatique, voir: www.scienceinschool.org/climatechange Pour une liste complète des articles de Science in School sur l'énergie, voir: www.scienceinschool.org/energy SchoolCO2Web fournit des informations et du matériel scolaire pour la mesure et le partage de données sur le dioxyde de carbone entre écoles en Europe: http://fwn-school-co2-net.hosting.rug.nl Dudley Shallcross est professeur de chimie atmosphérique, Tim Harrison est enseignant (school teacher fellow), Linda Sellou et Steve Henshaw sont post-doctorants assistants d'enseignement à l'École de Chimie de l'Université de Bristol, au Royaume Uni. Le statut de school teacher fellow a été créé afin de combler le fossé entre lycées et universités, et utiliser les ressources de l'École de Chimie pour promouvoir la chimie au niveau régional, national et international. Pour plus d'informations sur les modèles de changement climatique ou sur le statut de school teacher fellow, veuillez contacter Dudley Shallcross (d.e.shallcross@bristol.ac.uk) ou Tim Harrison (t.g.harrison@bristol.ac.uk). Point de vue Cet article est un bon complément de la précédente trilogie d'articles écrite par les mêmes auteurs, sur le changement climatique (Shallcross et al, 2008a) et les expériences à réaliser en classe (Shallcross et al, 2008b, 2009). Cette fois-ci, les auteurs soulignent l'aspect technologique du changement climatique. Ils proposent des activités pratiques: une possible alternative aux cellules solaires conventionnelles, et une recherche sur les taux de CO2 présents dans différents environnements en utilisant un équipement professionnel qu'ils proposent de prêter à d'autres écoles. Je recommande cette série d'articles aux enseignants de science du secondaire qui recherchent un sensemble complet de matériel didactique pour aborder le sujet complexe du changement climatique, réchauffement global et ressources énergétiques. Le style est abordable pour des lecteurs non anglosaxons, et les références Internet permettent d'en apprendre davantage sur le sujet. Cet article est aussi un bon point de départ pour envisager un curriculum scientifique interdisciplinaire stimulant. Suggestions de questions de compréhension:
Giulia Realdon, Italie
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